POURQUOI ABRAHAM NUCLÉAIRE ?

Parce que la première victime de l'industrie nucléaire, c'est la démocratie.

mardi 26 janvier 2010

Les objectifs cachés dans l'achat de Pointe Lepreau

Les objectifs cachés dans l’achat de Pointe Lepreau

À l'heure où le Canada, les États-Unis, l'Allemagne, la France et tous les pays nucléarisés se demandent quoi faire avec leurs déchets nucléaires toxiques pour des milliers d'années ;

À l’heure où les cas de contamination radioactive rapportés par les médias se multiplient et où le géant nucléaire français Areva est accusé d’avoir sciemment exposé ses travailleurs et les populations locales du Gabon et du Niger à des taux de radioactivité très élevés ;

À l’heure où le monde fait face à une pénurie imminente d'uranium pour alimenter ses réacteurs et où la Chine construit de nombreuses centrales sans savoir où elle s’approvisionnera car ses maigres gisements ne suffisent même pas à ses besoins actuels ;

À l’heure où les ressources en eau doivent être protégées et où l’industrie nucléaire utilise et contamine d’immenses quantités d’eau pour refroidir ses réacteurs ;

À l'heure où les énergies vertes telles que l'éolien et le solaire font des avancées spectaculaires dans leur efficacité et sont devenues de véritables alternatives économiques ;

À l’heure où les investisseurs privés ne veulent plus assumer les risques financiers de l’aventure nucléaire et que tous les nouveaux projets de centrales sont refusés par la législation américaine ;

À l’heure où des études médicales indépendantes révèlent, hors de tout doute, les sérieux préjudices causés à la santé humaine par toutes les activités de l’industrie nucléaire, forçant ainsi de plus en plus de médecins et de groupes de citoyens à prendre position contre cette industrie ;

À l’heure où la menace de prolifération du plutonium pour l’armement nucléaire est à son apogée et qu’il est reconnu que les filières civile et militaire sont indissociables ;

Comment le gouvernement Charest peut-il considérer faire une bonne affaire en faisant l'acquisition de la centrale nucléaire de Pointe Lepreau, celle-là même qui a presque causé la faillite d'Énergie Nouveau-Brunswick ? Il est vrai que cette transaction avec Énergie NB pourrait permettre à Hydro-Québec de se positionner avantageusement pour exporter de l'énergie aux États-Unis. Toutefois, à la lumière des considérations énumérées ici, on peut se demander si le gouvernement vise d'autres objectifs non divulgués à la population ?

On peut penser que l'achat de Pointe Lepreau compliquerait la tâche de ceux qui réclament l'arrêt du projet de reconstruction de la centrale Gentilly II et son démantèlement pour enfin sortir complètement le Québec de la production d'énergie nucléaire.
De plus, le besoin d’approvisionnement des deux centrales nucléaires permettrait de justifier l'exploration et l'exploitation d'uranium à Sept-Îles, dans les monts Otish ou ailleurs sur le territoire québécois, sans considération pour ceux qui réclament un moratoire ou une loi interdisant ces activités.

Enfin, puisque le gouvernement du Québec devra gérer les résidus radioactifs de ses deux centrales, il pourrait décider d’aménager, sur son territoire, un site d'entreposage permanent des déchets nucléaires. Ce site pourrait, tant qu'à y être, recevoir les déchets radioactifs du reste du Canada et, pourquoi pas, d’autres pays qui payeraient le gros prix pour s’en défaire.

Décidément, le positionnement avantageux d'Hydro-Québec sur le marché nord-américain de l'énergie, c'est l'enrobage de grosses pilules d'iode difficiles à avaler.

Nicole Béland, B.Sc. géologie
Longueuil

mardi 1 décembre 2009

Quand les petits papiers en disent plus long que les grands


Dans la cause environnementale, les opinions sur les tactiques à utiliser sont divisées. La majorité des activistes œuvrent dans le respect des règles parlementaires. Cependant, ils n’obtiennent jamais cette formidable tribune que Sébastien Bois a obtenue avec la pluie de petits papiers jaunes qu’il a lancée le 26 novembre sur l’Assemblée nationale, alors que la ministre Nathalie Normandeau réitérait son intention de procéder à la reconstruction de la centrale nucléaire Gentilly-2. Monsieur Bois avait déposé plus tôt ce jour là une pétition de 2 000 signatures de citoyens de la région de la Mauricie et des environs opposés à la reconstruction de Gentilly-2. Il était alors accompagné d’une dizaine d’environnementalistes et de la député de Champlain qui ont été surpris par son geste, tout autant que les membres de l'assemblée.

Qu’est-ce qui explique le geste de monsieur Bois ? A-t-il réagi à l’arrogance de madame Normandeau dans son acte délibéré d’ignorer cette pétition ? Monsieur Bois s’est vu banni à vie de l’Assemblée nationale pour avoir posé un geste de désobéissance civile pacifique et symbolique. Quelle dure réprimande pour un ardent démocrate et quel cynisme à l’égard de cette demande légitime de citoyens de laisser les Québécois trancher sur le sort de Gentilly-2.

Sébastien Bois est rédacteur en chef d’un journal de rue basé à Trois-Rivières et fondateur du regroupement Citoyens mauriciens pour le déclassement nucléaire (CMDN). Il a une formation en anthropologie et comme la plupart des environnementalistes, il est épris de justice sociale.
Les grands médias veulent de l’information-spectacle et Sébastien Bois leur en a donné ce jour là. Le dimanche précédent, un grand rassemblement s’est déroulé dans l’ordre et la légalité devant le siège social d’Hydro-Québec. Cet événement est passé totalement sous silence dans les grands médias alors que plusieurs acteurs majeurs de la société québécoise dont le parti Québécois, Québec solidaire, le parti Vert et les centrales syndicales CSN et CSQ, ont uni leurs voix pour réclamer plus de transparence de la part des dirigeants d’Hydro-Québec et exiger du parti Libéral, la tenue d’une vaste consultation publique sur l’avenir énergétique des Québécois.

Quand un enfant désobéit, il faut le réprimander. En ce sens, les journalistes sont parfois de très mauvais éducateurs. Ils ont encouragé le geste de Sébastien Bois et l’ont récompensé en lui accordant toutes les tribunes d’un coup. Il a ainsi obtenu 16 entrevues non sollicitées avec les médias le lendemain de son coup d’éclat. Les journalistes se sont précipités là-dessus comme sur des petits pains chauds et ont écrit leurs articles presque tous sous le même angle; celui de la manchette.

Notre démocratie est malade et c’est en partie parce que la presse est en déroute. Qui profite de cette situation et s’acharne à la maintenir ? C’est le parti politique en place. La désobéissance civile est la conséquence inévitable d’un système politique répressif qui méprise la démocratie.

Nicole Béland, B.Sc. géologie
Longueuil, 29 novembre 2009

mercredi 4 novembre 2009

Le Regroupement pour sortir le Québec du nucléaire s'oppose à l'acquisition de la centrale nucléaire de Pointe-Lepreau par Hydro-Québec

COMMUNIQUÉ
Pour diffusion immédiate
Achat d’Énergie Nouveau-Brunswick
Hydro-Québec doit exclure la centrale nucléaire de Pointe-Lepreau

Montréal, le 2 novembre 2009 : Hydro-Québec doit exclure la centrale nucléaire de Pointe-Lepreau, ainsi que tout projet d’expansion nucléaire, de la transaction visant l’acquisition d’Énergie Nouveau-Brunswick. Selon la coalition Sortons le Québec du nucléaire, le prix à payer pour une telle " nucléarisation " de la société d’État et pour son expansion dans les maritimes pourrait obliger le territoire Québécois à accueillir l’ensemble des déchets nucléaires canadiens. La prise de responsabilité par Hydro-Québec des milliers de tonnes de déchets nucléaires du Nouveau-Brunswick constitue la " pilule empoisonnée " de l’achat d’Énergie Nouveau-Brunsnwick.

Selon Christian Simard de Nature Québec, un des porte-parole de la coalition, " L’acquisition de Pointe-Lepreau ferait entrer de manière non-équivoque le Québec dans le club nucléaire canadien. Cela va à l’encontre des politiques traditionnelles du Québec à l’égard de la filière nucléaire depuis que René Lévesque a décrété, en 1979, un moratoire sur son expansion et que Robert Bourassa a établi, en 1989, une politique affirmant que jamais le Québec n’acceptera de procéder à la gestion permanente des déchets radioactifs sur ou en bordure de son territoire. Jusqu’à ce jour, la politique du gouvernement du Québec a constamment réitéré que l’aventure nucléaire québécoise se terminerait avec la fin de vie utile de la centrale nucléaire Gentilly-2 prévue pour 2013.

Pour les québécois, devenir des promoteurs, via Hydro-Québec, de la filière nucléaire canadienne aura des conséquences environnementales, économiques, sociales et intergénérationnelles considérables. En contrepartie, le Québec devra rendre accessible le territoire québécois à la gestion permanente de tous les déchets nucléaires produits par les sites nucléaires canadiens. Il héritera en plus des engagements convenus entre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et Team Canada. Rappelons que parmi ces ententes, Énergie Nouveau-Brunswick s’est engagé à construire un deuxième réacteur nucléaire.

Pour Michel Duguay, coordonnateur de la Coalition, " Nous devons alerter la population du Québec et exiger du gouvernement qu’il refuse d’inclure la centrale nucléaire de Pointe-Lepreau dans son projet d’achat d’Énergie Nouveau-Brunswick. Le gouvernement Charest n’a pas la légitimité requise pour autoriser, sans consulter la population, l’acquisition par l’État québécois de la centrale nucléaire de Pointe-Lepreau, ni à s’engager, sans aucun débat, à construire Pointe-Lepreau 2. "

L’acquisition de Pointe Lepreau impliquerait également que le Québec devienne le propriétaire légal de tout ce que contient ce site nucléaire, y compris ses milliers de tonnes des déchets radioactifs. Personne au monde ne sait que faire de ces déchets et au fil des ans les coûts relatifs à leur gestion permanente ne cesse de prendre des proportions astronomiques. Au Canada, l’évaluation officielle des coûts de gestion permanente des déchets de combustible irradié est passée de quelques centaines de millions de dollars à plus de $ 24 milliards. Tous les observateurs s’entendent pour dire que cette évaluation est largement sous-estimée.

Le vieillissement prématuré de la centrale nucléaire CANDU de Pointe-Lepreau et la catastrophe financière dans laquelle son projet de réfection a précipité la société d’État New Brunswick Power Authority devrait inciter les élus Québécois à la prudence la plus élémentaire et à refuser cette transaction. La réfection de réacteur nucléaire effectuée dans de si mauvaises conditions compromet sérieusement la qualité des travaux en cours à Pointe-Lepreau. Considérant que la durée de vie moyenne des centrales nucléaires canadiennes rénovées ne dépasse pas sept ans, il serait prudent que le gouvernement du Québec exige qu’Hydro-Québec retire Pointe-Lepreau de son projet d’acquisition.

Selon Laure Waridel, écosociologue, " Plutôt que de s’entêter à poursuivre dans la voie du nucléaire, le gouvernement du Nouveau-Brunswick devrait, tout comme le gouvernement du Québec d’ailleurs, mettre fin aux incertitudes engendrées par la réfection des réacteurs nucléaires de Pointe-Lepreau et de Gentilly 2. Nos gouvernements respectifs devraient immédiatement décréter le déclassement de leur site nucléaire et utiliser autrement les $ 875 millions que chacun a déjà provisionnés à cet effet ".

Les efforts conjugués des sociétés d’État que sont Énergie Nouveau Brunswick et Hydro-Québec seraient en mesure de mettre au point l’expertise requise au déclassement, le plus sécuritaire possible, des centrales nucléaires canadiennes et étrangères. En procédant immédiatement à la sécurisation complète de nos sites nucléaires selon les plus hautes exigences reconnues internationalement et à l’élaboration des modalités de suivi radiologique des travaux requis pourraient non seulement créer beaucoup d’emplois pour des décennies, mais mettraient nos populations à l’abri des risques d’accidents technologiques, naturels ou de malveillance humaine (terrorisme et militaire) inhérents à l’exploitation des centrales nucléaires. Un marché évalué à mille milliards de dollars devra être consacré au déclassement des infrastructures civiles et militaires selon le journal Le Monde. " À nous de conquérir ces marchés et ainsi contribuer à solutionner les problèmes engendrés par la filière nucléaire plutôt que de nous entêter à les perpétuer " de conclure Michel Duguay.

Pour information :
Michel Fugère, Mouvement Vert Mauricie , tél. 819-532-2073
Michel Duguay, Mouvement Sortons le Québec du Nucléaire , tél. 418-656-3557
Christian Simard, Nature Québec, tél. 418-931-1131
Le regroupement "Sortons le Québec du nucléaire " est constitué des organismes suivants :
Action Re-buts
Association de défense des droits
Alternatives
Artistes pour la paix
Association contre le port méthanier
Association pour la protection de l'environnement de Lévis (APPEL)
Association pour la protection de l'environnement des Hautes-Laurentides (APEHL)
Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)
Association québécoise des professionnels en éducation relative à l'environnement
Athabasca Bioregional Society ( ABS - Alberta)
Canadian Environnemental Law Association ( CACC - Michigan)
Centre conseil grossesse de Trois-Rivières
Chute Libre
Citizens for Alternatives to Chemical Contamination
Coalition des citoyens de Mékinac
Coalition pour un Québec des régions, Mauricie
Coalition Québec Vert Kyoto
Coalition Verte de Trois-Rivières
Coll.contre l'Enfouissement des Déchets Radioactifs ( CEDRA-France )
Comité de l'environnement de Chicoutimi (CEC)
Community Coalition Against Mining Uranium (Ontario)
Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick (CCNB)
Cuisines collectives de Francheville
Earth Dance Studio
EcoJustice
École de musique Vincent-d'Indy
Énergie Solaire Québec
Energy Probe
ENvironnement JEUnesse
Equiterre
Fondation David Suzuki
Fondation Les Rivières
Front commun des personnes assistées sociales du Québec ( FCPASQ )
Front commun québécois de gestion écologique des déchets (FCQGÉD)
Glacialis
Greenpeace
Groupe d'éducation relative à l'environnement, 3R
Groupe d’action pour la protection de l’environnement – TRO
Groupe d'action pour restauration du lac Saint-Pierre
Groupe de recherche en écologie sociale, Université de Montréal
Groupe de recherche interdisciplinaire en gestion de l'environnement (GREIGE), UQAM
Groupe Écosphère ( Frelisburg )
Groupe Fierté Mauricienne
Groupe-Ressource du Plateau Mont-Royal
Institut de Santé Naturelle Fleury-Rode
Inter Chuch Uranium Committee Educational Coop ( Saskatchewan )
Journal de rue La Galère
La Fête Verte (Québec)
La traversée Philanthropique
Le comité de protection des lacs Marquis
Le Conseil des Canadiens ( Ontario - Québec )
le Poids Vert; association étudiante
Les Amis de la Terre de Québec
Les Jardins de la Cité
Ligue des citoyens du secteur Beaurivage Shawinigan
Maison des grands-parents de Villeray
Maison des insectes inc.
Maison des jeunes
Médecins aux pieds nus – Canada
Mouvement Au Courant
Mouvement Écologique du Collège Lionel Groulx
Mouvement Interculturel pour l'Environnement ( MIE )
Mouvement vert Mauricie
Muséobus
Nature Québec
OJM (Organisme Jeunéthiquement Modifié)
Professionnels de la santé pour la responsabilité nucléaire
Professionnels de la santé pour la survie mondiale (PSSM)
RABAT-JOIE
Regroupement des organismes environnementaux en énergie
Regroupement des travailleurs victimes du nucléaire
Regroupement pour la surveillance du nucléaire (RSN)
Réseau Ressourcerie
Réseau "Sortir du nucléaire" (France)
Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE)
Réseau Québécois pour la Simplicité Volontaire
REVE
Sierraclub Québec
Société pour vaincre la pollution
Union Paysanne
Union Saint-Laurent Grands Lacs
Zéro Nucléaire

lundi 26 octobre 2009

Sept-Îles Sans Uranium répond au gouvernement par une Manifestation

Communiqué – Sept-Îles Sans Uranium 2009 répond au gouvernement par une Manifestation

Sept-Îles, le 26 octobre 2009 - Nous désirons aviser la population que les ministères québécois du Développement durable et des Ressources naturelles ont émis les permis manquants à Terra Ventures pour construire la route d’accès au lac Kachiwiss.
Le ministère des Ressources naturelles déposera le 9 novembre prochain à l’Assemblée nationale un projet de modification de la Loi sur les Mines et la poursuite des travaux au lac Kachiwiss confirme que le gouvernement n’entend pas freiner l’exploration et l’exploitation de l’uranium.
Du même coup, le gouvernement rabroue les citoyens de Sept-Îles qui s’opposent et confirme que ce minerai fait partie du Plan Nord, donc du développement minier sur la Côte-Nord. Cela met en péril nos vies et la possibilité de diversifier notre économie par le biais des champs durables que sont
- l’agriculture- les bio-produits de la forêt- les petits fruits- le tourisme- l’exploitation de notre ressource à tous sur la Côte-Nord : l’eau potable
Le groupe Sept-Îles Sans Uranium 2009 se voit donc obligé d’organiser une manifestation dans les rues de Sept-Îles afin de se faire entendre une fois de plus par notre gouvernement qui ne daigne même pas aviser la ville de Sept-Îles ainsi que les Innus de sa décision dans ce dossier.
Manifestation vendredi le 30 octobre 12h
Départ des piétons et voitures du stationnement de Place de Ville à 12h. Si vous manquez le départ, vous pouvez vous joindre au groupe n’importe quand durant le trajet.
Il faut sortir dans la rue afin de stopper la destruction du territoire et faire comprendre au gouvernement que les gens de Sept-Îles ne sont pas intéressés à voir cette industrie de l’uranium s’installer ici et sur toute la Côte-Nord.
De plus, nous demandons à tous les candidats qui se présentent aux élections du 1er novembre de Tadoussac à Blanc-Sablon de se prononcer clairement sur le dossier de l’exploration et de l’exploitation de l’uranium.
SORTONS TOUS ENSEMBLEPOUR NOUS GARANTIR UN AVENIR VIABLE
Marc FafardPorte-parole de Sept-Îles Sans Uranium 2009

mercredi 23 septembre 2009

Quoi faire des déchets radioactifs?

Le Dr Gordon Edwards du regroupement pour la surveillance du nucléaire a préparé un power point éloquent qui démontre bien pourquoi le stockage des déchets radioactifs en couche géologique profonde ne règle en rien le problème.

http://www.ccnr.org/K-9_syndrome.ppt

vendredi 18 septembre 2009

Entrevue avec André Larivière de Sortir du nucléaire

Écoutez cet entretien de 9 minutes avec André Larivière sur le nucléaire. Ce sage homme qui a malheureusement quitté le Québec il y a vingt-trois ans milite activement pour le réseau Sortir du Nucléaire en France.

à la réalisation: Hans Hedrich, NGO Sustainable Sighisoara, Roumanie

dimanche 30 août 2009

Aux États-Unis, l’industrie nucléaire essuie plusieurs refus

28 août 2009

Les temps sont durs pour les lobbyistes de l’industrie nucléaire aux États-Unis. Une agence indépendante d’information sur le nucléaire, la NIRS (Nuclear Information and Resource Service) a révélé hier qu’en 2009, l’industrie nucléaire a essuyé des refus dans chacune de ses requêtes auprès de 6 états américains pour faire lever les moratoires sur la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Ces moratoires demeureront donc en vigueur dans ces états qui sont le Kentucky, le Minnesota, Hawaï, l’Illinois, la Virginie Occidentale et le Wisconsin. Notons que l’Illinois est l’état américain possédant le plus d’installations nucléaires à l’heure actuelle avec ses onze centrales.

Depuis le rejet par l’administration Obama du site de Yucca Mountain dans le Nevada pour l’enfouissement des déchets radioactifs et les dépassements de coûts astronomiques sur la construction de nouvelles centrales, la soit disant renaissance nucléaire ressemble plus à une entreprise de sauver les meubles.

L’industrie nucléaire a également échoué dans sa tentative de faire reconnaître le nucléaire en tant qu’énergie renouvelable par les états de l’Indiana et de l’Arizona. De plus, elle a dû abandonner un de ses projets de faire abolir une loi californienne interdisant la construction de nouveaux réacteurs tant qu’un site d’enfouissement de déchets radioactifs n’est pas en opération.

Jennifer Nordstrom, coordonnatrice du projet Carbon-Free, Nuclear-free de l’Institut for Energy and Environmental Research du Wisconsin a déclaré : " Recommander la construction de centrales nucléaires pour combattre les changements climatiques équivaut à dire à un patient de fumer pour perdre du poids. " Selon madame Nordstrom, les technologies de remplacement existent bel et bien pour permettre de se retirer complètement du nucléaire et des énergies fossiles d’ici 2050.

À l’heure actuelle, le nucléaire est jugé trop risqué par les investisseurs alors le seul moyen de continuer de construire des réacteurs, c’est si le risque financier est assumé par les contribuables. C’est ce qu’on appelle un CWIP (Construction Work in Progress). Dans l’état du Missouri, cette demande de CWIP a été refusée. En 2009, sur dix demandes d’alléger la législation en faveur du nucléaire, seulement une a été acceptée. En Georgie, grâce à cette mesure de CWIP, les contribuables devront débourser deux milliards de dollars avant même qu’un seul watt d’énergie ne soit produit par les deux réacteurs projetés.

Pour de plus amples informations, consulter l’article au lien suivant :
http://www.nirs.org/press/08-27-2009/1

Cet article est aussi disponible en manchettes de l'Autre Journal:
http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=1714

dimanche 23 août 2009

Crises des isotopes : L’opposition accuse le gouvernement de museler les experts

Je sais que plusieurs personnes se demandent pourquoi je me mêle de parler d'isotopes médicaux alors que je ne suis pas médecin. Je leur répondrai de lire l’article dans Le Devoir de samedi 22 août 09 et qui s’intitule :

Crises des isotopes : L’opposition accuse le gouvernement de museler les experts
http://www.ledevoir.com/2009/08/22/263776.html

Si les experts sont muselés alors qui nous donnera l’heure juste?

samedi 22 août 2009

Isotopes médicaux - Des solutions de rechange à l'utilisation du nucléaire

Lisez mon article publié dans la section Opinion de Le Devoir, Édition du samedi 22 et et du dimanche 23 août 2009 au lien suivant http//www.ledevoir.com/2009/08/22/263733.html

Tous ceux qui s'opposent au développement du nucléaire depuis des lustres sont parfois déstabilisés ou fragilisés dans leurs convictions quand il est question de traitement de cancer par les isotopes médicaux. Tout le monde veut être traité dans les plus brefs délais avec les méthodes de pointe les plus efficaces, évidemment.

Il s'agit d'un dossier complexe. Les isotopes médicaux ont été utilisés dans les diagnostics médicaux longtemps avant la découverte de la fission nucléaire. Ils ont d'abord été produits dans des cyclotrons ou accélérateurs de particules n'utilisant pas du tout d'uranium et ne produisant que très peu de déchets radioactifs, et alors, très faiblement radioactifs. Ces cyclotrons étaient la fierté de plusieurs centres de recherche universitaire. C'était au temps où le gouvernement investissait encore en recherche fondamentale.

Par la suite est arrivée EACL (Énergie atomique Canada limitée), qui a travaillé très fort au cours des années à développer sa filiale très lucrative d'isotopes médicaux produits en réacteurs nucléaires. Assez futés, ces exploitants nucléaires! Comment rendre le nucléaire socialement acceptable si ce n'est en sauvant des vies? Utilisation des isotopes Les radio-isotopes utilisés en médecine le sont généralement pour la recherche médicale, le dépistage du cancer, la stérilisation des équipements médicaux et, beaucoup plus rarement, pour le traitement de certains cancers.

Utilisation des isotopes

Les isotopes médicaux les plus courants produits en réacteurs nucléaires sont le cobalt-60 et le molybdène-99. Le cobalt-60 est employé surtout pour l'irradiation de tumeurs et pour stériliser l'équipement médical. Le molybdenum-99 se dégrade en un isotope métastable appelé technetium-99m qui a une demi-vie de seulement six heures. Le technetium-99m est le radio-isotope par excellence utilisé pour plusieurs tests diagnostiques. Les rayons gamma de ce produit sont moins «agressifs» que ceux du cobalt-60; il est donc préféré car il donne de bonnes images diagnostiques en envoyant une moins forte dose de radiation au patient. Le problème, avec le Mo-99, c'est qu'il ne peut être produit qu'en réacteur nucléaire, et ce, en utilisant de l'uranium extrêmement enrichi. Enrichi à 95 %, c'est-à-dire au point d'être convoité par la non moins humaniste industrie de l'armement nucléaire.

Incident

À Chalk River, on produisait justement du Mo-99 avant que les problèmes commencent... Ce réacteur en arrêt indéfini, bien que nos élus parlent d'un arrêt de trois mois, aurait théoriquement dû prendre sa retraite en 2000. Mais tout comme les Québécois détroussés de leurs économies dans le scandale de la Caisse de dépôt, il doit reprendre du service pour encore dix ans malgré son usure et sa fatigue. La corrosion de ses parois a mené à un incident qualifié de «très légère fuite d'eau lourde» par un porte-parole officiel d'EACL. La fuite dans l'environnement s'est produite à la suite d'une panne d'électricité.

Mais ce n'est pas la faute de ce réacteur quinquagénaire poussé à bout malgré les avertissements répétés de signes de «burn out» donnés par la très maternelle Linda Keen, présidente de la CCSN (Commission canadienne de sûreté nucléaire) jusqu'à ce qu'elle soit remerciée de ses services indéfiniment pour avoir accordé un congé de maladie à son protégé. Les deux réacteurs nouvellement construits, Maple 1 et Maple 2, qui devaient le relever de ses fonctions, ne sont pas fonctionnels et ne le seront probablement jamais malgré les sommes énormes investies.

Un autre grave problème lié à l'utilisation de l'uranium enrichi à 95 % dans la production d'isotopes médicaux est celui de l'approvisionnement du réacteur. Aux États-Unis, l'Institut de contrôle nucléaire (NCI) s'est rendu jusqu'en cour pour empêcher la livraison d'uranium enrichi (HEU, highly enriched uranium) à Chalk River à cause d'une loi (the Schumer Amendment) qui a pour but d'arrêter toutes les exportations de HEU vers d'autres pays.

EACL a été avertie par les autorités américaines de trouver d'autres façons de produire du Mo-99 qu'avec de l'uranium enrichi, mais elle n'a pas pris l'avertissement au sérieux.

D'autres voies

L'Université McGill produisait jadis tous ses isotopes médicaux dans un cyclotron situé sur le campus même de l'université à Montréal.

Deux solutions de rechange au technetium-99m sont le thallium-206, qui peut être produit dans un cyclotron sans utiliser d'uranium, et les TEP-scans, qui se combinent avec un radio-isotope de courte durée appelé fluorine-18, radio-isotope également produit dans un cyclotron sans uranium.

On se dit alors que ce n'est pas possible: pourquoi est-ce que tout le monde panique si des solutions de remplacement existent déjà?

On vous dira que les TEP-scans sont dispendieux, bien qu'ils donnent souvent des résultats supérieurs au technetium-99m. Il est vrai qu'ils sont coûteux, soit deux ou trois millions de dollars pour un appareil. Si on examine bien les états financiers d'EACL, on apprend que 1,7 milliard de dollars ont été injectés dans le rafistolage de Chalk River depuis 2006 pour mener à... la crise actuelle. Pour le même montant, on aurait pu acheter 500 ou 600 TEP-scans, qui eux seraient opérationnels aujourd'hui. Et l'argent gaspillé sur les réacteurs MAPLE (530 millions de dollars) aurait permis l'achat de 170 TEP scans additionnels.

Alors que les hôpitaux du Québec manquent cruellement d'isotopes, le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke a développé une technique qui pourrait permettre à plusieurs hôpitaux de limiter le nombre d'examens qu'ils doivent annuler. Au lieu des isotopes de type technétium-99, on utilise du fluorure de sodium pour faire des examens osseux. En plus de servir pour détecter des fractures cachées, il peut être employé pour des cas de cancer du sein et de la prostate.

Le CHUS a mis en branle sa production de fluorure après la première crise d'isotopes en 2007. «On est le seul centre hospitalier à avoir mis ce projet en branle et on est bien contents aujourd'hui», dit le Dr Éric Turcotte, chef clinique du Centre d'imagerie médicale de Sherbrooke.

L'établissement a décidé de hausser sa production pour aider d'autres hôpitaux qui le souhaitent. Le Centre hospitalier de Trois-Rivières fait déjà des examens à partir du fluorure produit à Sherbrooke. L'Hôtel-Dieu de Québec, l'Hôpital de Rimouski et même le CHUM ont également obtenu la permission de Santé Canada de se servir de ce produit. «On a les capacités requises pour approvisionner les 12 centres au Québec qui possèdent un TEP-scan, soutient le Dr Turcotte. On peut en produire trois fois par jour.»

mardi 18 août 2009

Les verts de l’Ontario prônent l’importation de notre hydroélectricité québécoise comme premier palliatif au nucléaire !

J’ai reçu quelque chose de troublant de la http://www.ontariosgreenfuture.ca/. Ils font signer des cartes postales demandant au gouvernement fédéral de ne pas investir plus d’argent dans le fiasco nucléaire ontarien. Une personne m’a contactée et je lui ai commandé 30 feuillets à faire signer par des Québécois. J’ai reçu les feuillets hier par la poste. Je ne peux malheureusement pas les faire signer car voici ce qu’ils proposent : Il semble que les verts de l’Ontario prônent l’importation de notre hydroélectricité québécoise comme premier palliatif au nucléaire !

Voici un extrait dans le feuillet :

-Water power imports from Quebec can provide billions of kilowatt hours of clean, safe electricity at less than half the cost of new nuclear reactors.

S’il faut tout saccager nos rivières pour entretenir les habitudes énergivores de nos voisins les Ontariens, moi je repars en guerre contre l’hydroélectricité.

dimanche 16 août 2009

Amir Khadir s'oppose au développement du nucléaire



Cette entrevue a été réalisée par le cinéaste et journaliste indépendant Martin-Pierre Tremblay:


http://citoyen.onf.ca/blogs/mon-coeur-est-dor-mais-ma-cote-est-dacier/

mercredi 12 août 2009

Le Québec est un paradis pour les entreprises minières.

En tant que géologue de formation ayant moi-même supervisé de nombreuses campagnes de forage d’abord en exploration minière puis en caractérisation environnementale, je me permet de réagir à l’article de monsieur Patrick Lagacé publié dans Cyberpresse le 5 août 2009 concernant le projet d’exploitation d’une mine d’uranium sur la basse Côte Nord.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/patrick-lagace/200908/05/01-890102-de-tchernobyl-a-sept-iles.php

La plus grosse mine d’uranium au monde est en Saskatchewan. Elle est aussi jugée la plus sécuritaire. Pourquoi ? Parce que toutes les étapes d’extraction d’uranium sont automatisées. Les humains ne doivent pas entrer en contact avec le minerai. L’argument de créer des centaines d’emplois de qualité pour une région en difficulté économique ne tient donc pas la route pour cette industrie où il y a peu d’humains et beaucoup de robots. De plus, les riches gisements de la Saskatchewan ne ressemblent en rien à ceux du Lac Kachiwiss sur la Basse Côte Nord qui sont de type " faible teneur et fort tonnage ". Ces gisements sont plus difficiles à extraire et demandent des méthodes d’extraction plus coûteuses et beaucoup plus polluantes que celles utilisées pour les gisements à plus riches teneurs.

La seule façon de rendre ces gisements à faibles teneurs rentables, c’est que le prix de l’uranium soit élevé. C’est le cas actuellement bien qu’il ait baissé récemment. L’exploitant minier doit, dans ce contexte économique, réussir à extérioriser les coûts d’exploitation le plus possible. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? L’exploitant minier essaie par tous les moyens de faire assumer les frais de son projet minier par une tierce partie : par exemple, payer la plus basse redevance minière possible au gouvernement, obtenir des subventions et des crédits d’impôts pour ses activités d’exploration, n’assumer que partiellement les coûts reliés à la réhabilitation environnementale de sites miniers et laisser le système de santé publique assumer les frais de santé. Si l’exploitant minier peut profiter d’infrastructures déjà en place tel qu’un train transportant du minerai, les coûts de son projet seront moindres et s’il réussit à faire accepter un projet de mine à ciel ouvert qui est moins coûteux mais dévastateur pour l’environnement alors ses profits seront encore supérieurs.

J’ai tout comme monsieur Lagacé visionné le vidéo amateur de citoyens inquiets de Sept-Îles dénonçant certaines pratiques de la compagnie d’exploration uranifère Terra Ventures. Cette dernière est propriétaire des droits miniers de la région du Lac Kachiwiss. Dans le vidéo, un homme descend un fil avec un plomb jusqu’à 30 pieds de profondeur dans le tubage d’un puits d’exploration effectué par Terra Ventures. La démonstration avec le fil indique que le puits d’exploration n’a pas été sellé en surface à l’aide d’un bouchon de béton.

Selon des règles de précautions élémentaires, la partie supérieure d’un puits d’exploration devrait être sellée soit par une couche de bentonite (argile gonflante) soit par un bouchon de béton pour empêcher la migration potentielle de contaminants de la surface vers l’eau souterraine. Dans ce cas-ci, c’est certain que ça n’a pas été fait. Malheureusement, la compagnie minière n’est pas tenue par la loi à prendre ces précautions toutes simples. Il faut des concentrations de l’ordre de 1 % U3O8 pour que les travaux de forage nécessitent des précautions particulières. Sur la Côte Nord, ces concentrations sont de l’ordre de moins de 0,02 % U3O8. On peut se demander combien d’autres règles de précaution élémentaires sont ignorées par Terra Ventures et les autres compagnies minières lors de campagnes d’exploration. Cette industrie représentée par l'Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs, a élaboré son propre code de conduite qu’elle peut suivre ou non; c’est sans obligation.

Dans l’utilisation de la technique de forage au diamant, beaucoup d’eau doit être utilisée pour forer le roc. D’où provient cette eau? Est-elle récupérée adéquatement ou tout simplement rejetée sans traitement dans l’environnement ? À l’heure actuelle, aucune loi ne régit les eaux de forage utilisées dans le cadre d’une campagne d’exploration minérale. Cette activité se soustrait à la Loi sur la qualité de l’Environnement sous prétexte qu’elle se soumet déjà à la Loi sur les mines. Mais la Loi sur les mines n’est pas conçue pour protéger l’environnement. Récupérer une eau contaminée de forage et en disposer adéquatement, c’est une opération beaucoup plus coûteuse que de mettre un bouchon de béton sur un puits d’exploration…et ça ne paraît pas si c’est mal fait ou pas fait du tout. Tirez-en votre propre conclusion.

Le Vérificateur général a critiqué vertement le manque de contrôle environnemental des projets miniers au Québec. En effet, au Québec, quand une compagnie d’exploration minérale a une attitude négligente face aux règles élémentaires de précaution, on ne peut lui retirer son permis afin de l’empêcher de continuer ses actions qui sont, certes blâmables mais non illégales.

Selon l’institut Fraser, le Québec était, en 2008, le meilleur endroit au monde pour les entreprises d’exploration minière. Pourquoi? Voici les raisons vantées par L’Association de l’exploration minière au Québec :

-législation moderne, stable et gouvernement pro-développement (voir stratégie minérale québécoise);

-réclamations territoriales autochtones réglées sur une grande partie du territoire géologiquement favorable;

-fiscalité extrêmement attrayante :

déduction pour l’investisseur pouvant atteindre 150% dans le cadre du financement accréditif;
crédits d’impôts remboursables pour les entreprises explorant le Québec;
coûts nets pour une junior ou un investisseur qui dépense 100 dollars en exploration :33 dollars !

L’Association ne vante pas de riches gisements potentiels mais plutôt combien on est généreux pour l’industrie minière au Québec.

Arrêtons ces compagnies d’exploration qui méprisent notre santé et l’environnement au profit de leur portefeuille et au détriment du nôtre. Exigeons une réglementation stricte pour les activités d’exploration minérale au Québec.
Cet article est également publié au http://www.gaiapresse.ca/fr/articles/article.php?id=10107